Thanthai Periyar :

 Ce réformateur social qui a « réveillé les Tamouls »


 
PERIYAR
 

I- Histoire d’une vie

 

Décrire la vie de Periyar, ce n’est pas énumérer une suite de dates et d’événements. C’est le rencontrer : sentir que sa présence au monde ne peut se réduire à un espace ou à un temps délimité. Periyar est l’un de ces personnages qui accompagnent même ceux qui ne l’ont pas connu lorsqu’il était en vie. Pourquoi ? Parce que son parcours et ses pensées étaient tournés vers le vaste horizon de l’humanité. C’est vers cet horizon qu’il a cheminé inlassablement, devenant après 58 ans de vie Thanthai Periyar, à la fois père d’un peuple et grand homme. Et c’est vers cet horizon que nous dirigeons nos pas quand son souvenir se transmet entre les générations, entre les pays, au delà des lignes souvent trop rigides de ce qui sépare les individus les uns des autres. Une fois notre regard porté au loin sur ce chemin de partage, nous pouvons alors commencer à raconter…

 

Ce chemin est celui d’un homme qui a mené sa vie au service de l’humanité : Periyar compte parmi les rares personnalités à avoir semé des graines pionnières dans une terre aride et dure. Né le 17 septembre 1879 dans une ville de l’Inde du Sud nommée Erode, E. V. Ramasamy a grandi au sein d’une famille de commerçants très pieux (vishnouïtes) appartenant à la haute caste des Naickers. Il suivit une scolarité durant cinq années, jusqu’à ses dix ans. Il s’associa au commerce de son père quand il en eut douze. La curiosité l’habitait déjà  dés son enfance, et il questionnait toujours les prêtres hindous qui racontaient les mythes des divinités lorsqu'un élément de leurs récits lui semblait contradictoire ou absurde.

Ses premiers questionnements se sont d’emblée portés sur la raison de l’infériorité de certaines personnes, et sur l’assujettissement des dravidiens à la population aryenne. Ce rejet des évidences et cette inlassable remise en cause des faits établis ont constitué chez Ramasamy les prémisses des principes rationalistes et athées qu’il développera par la suite, ce qu'il lui vaudra d'être appelé le « Socrate de l’Asie du Sud » lors d'une citation décernée par l’Unesco.

 

A vingt-et un ans, Il épouse Nagammal, avec qui il partage ses conceptions rationalistes. Ils eurent une petite fille, mais elle mourut cinq mois plus tard. Après une dispute avec son père, il s’écarte de sa famille et part pour Andhra,  Hyderabad puis Calcutta. Lors de sa visite à Kaasi, il fut marqué par un événement particulier : affamé depuis plusieurs jours déjà, il décida de se faire passer pour un brahmane afin de profiter des repas gratuits qui leur sont offerts par le temple. Trahi par sa moustache (les brahmanes n’en portant pas), il fut expulsé par le gardien. Il dut alors partager avec les chiens les restes des repas sur les feuilles de bananier à l’extérieur du temple, qui avait par ailleurs été financé par un tamoul non brahmane. Ramasamy se demanda alors comment il était possible que les brahmanes interdisent aux autres l’accès aux repas gratuits distribués dans ce temple qui avait été financé par un non brahmane. Ce vécu de l’injustice et ces observations de situations aberrantes et répressives constituent l’un des piliers de la réflexion que Ramasamy devait initier ensuite sur l’exploitation des dravidiens par les brahmanes aryens.

 

Peu après, il retourna auprès de sa famille à Erode, et son père lui délégua son commerce. A l’âge de vingt-six ans, il fut non seulement reconnu comme un riche et célèbre commerçant de la ville mais débuta aussi un engagement dans le service social. Il eut une grande influence dans le milieu du commerce, réglant par exemple les conflits entre les commerçants avec une impartialité et une droiture exceptionnelles. Grâce à ses qualités, Ramasamy fut nommé magistrat par le gouvernement britannique, et obtint également plusieurs statuts honorifiques tels que celui de président, secrétaire ou vice-président dans différentes institutions publiques.

 

A cette période, Ramasamy était très attentif au discours du savant tamoul Pandithamani Ayothidhaasar, qui condamnait le système des castes et la religion hindoue des brahmanes, en s’appuyant sur les principes du rationalisme et du bouddhisme. Il sera aussi très influencé par des personnes comme Kaivalyam, P.V. Manicka Naicker, Pulavar Marudhaiya Pillai. Ce dernier en particulier lui a inculqué l’athéisme et l’a accompagné dans sa formation de penseur rationnel.

Jusqu’à ce moment de son existence, les actions et les pensées de Ramasamy avaient eu un impact restreint au cadre de sa famille ou de sa ville. C’est par la suite qu’il va étendre ses actions sociales et forger ce qui allait devenir un grand mouvement de révolution sociale.

 

 

II- Ses principes

 

 

Periyar a développé une philosophie humaniste basée sur ces idées primordiales :

 

1)            Le monde est une entité unique

 

2)            Les hommes appartiennent à une seule et même famille

 

3)            Les ressources, les plaisirs et les souffrances du monde sont communs à tous les hommes

 

4)            Chacun devrait travailler selon ses compétences

 

5)            Chacun devrait utiliser les ressources selon ses besoins

 

6)            Le bien-être et la prospérité de l’humanité devraient être l'objectif principal de l’homme

 

Periyar souhaitait avant tout l’égalité: l’égalité dans chaque étape de la vie, l’égalité des biens, l’égalité des chances dans le domaine de l’éducation, du travail et de la santé.

 

La vie de Periyar et ses combats sociaux résultent de la confrontation de ce principe d’égalité avec le système social en Inde du Sud : pourquoi la société est-elle divisée en castes ? Pourquoi se sont cristallisées des différences dont la légitimité se fonde sur la naissance ?

Ces questions ont conduit Periyar à déployer sa philosophie dans le contexte socio-historique de l’Inde du Sud, forgeant un ensemble de buts à atteindre par la révolution sociale (voir « Pensées de Periyar », publié par l’association Respect de Soi).                                             

 

 

Objectifs :

 

-       éradiquer le système de castes

-       lutter pour les droits des femmes et leur indépendance au sein de la société

-       donner à tous des chances égales pour accéder au développement des facultés physiques, morales et mentales, nécessaires au sentiment de dignité humaine

-       éliminer les discriminations fondées sur la naissance, l’origine sociale, la religion, le sexe, etc.

-       détruire les superstitions et les traditions absurdes, qui sont le ciment de ces discriminations

-       éradiquer la supériorité et les droits institués par les brahmanes dans la société tamoule

-       permettre au peuple de sortir de l’ignorance et promouvoir la justice sociale

 

 

Moyens :

 

-       légaliser les mariages « Respect de soi », c’est-à-dire les unions non religieuses

-       établir pour toutes les communautés la représentation proportionnelle à leurs effectifs dans les sphères du pouvoir

-       adopter le principe de réservation (des quotas) dans les institutions éducatives et dans les emplois gouvernementaux

-       s’opposer à l’idéologie brahmanique et diffuser une vision rationnelle de la vie sociale fondée sur la libre pensée

 

 

1) Le « Mouvement Respect de soi » 

 

 

         Periyar a créé le Mouvement Respect de Soi en 1925, lors d’une conférence tenue à Kanjipuram. Il a initié ce mouvement en affirmant tous les objectifs de son combat social et en explicitant les moyens à déployer pour les atteindre.

Dans un discours délivré lors de la célébration du centenaire de Periyar à Mysore en 1979, K. Veeramani résume la naissance de ce mouvement :

 

« Periyar initia le Mouvement Respect de Soi, avec pour objectifs le combat pour l’instauration d’une société sans castes, basée sur une égalité totale entre les différentes sphères de population, l’éradication de tous les démons sociaux, la libération de la société des entraves des superstitions et de la foi aveugle dans les divinités et la religion. Le mouvement visait aussi à lutter pour la promotion des opportunités éducatives et d’emploi pour les femmes, dans tous les domaines comme cela était le cas pour les hommes. Le mouvement avait également pour but de populariser les Mariages Respect de Soi, célébrés sans aucun prêtre brahmane ni rituel religieux, et de propager le rationalisme. L’obtention de la justice commune par les quotas dans les institutions éducatives et les emplois gouvernementaux, attribuant des places pour la grande majorité des masses, les non-brahmanes, représentait un objectif crucial. Periyar éclaire le fait qu’une telle justice commune ne pouvait être restituée tant que les castes continueraient d’exister.

En 1929 Periyar tint la première Conférence provinciale du Respect de Soi à Chengalpattu. Plusieurs résolutions, comme l’éradication de l’intouchabilité, l’encouragement de mariages inter-castes, le boycott des puristes, le remplacement des suffixes de caste par les noms personnels, l’assurance de l’égalité pour les femmes et de leurs droits propres, le remariage des veuves, etc., ont été prises lors de la conférence. Cela fut une secousse importante pour les droits et intérêts institués, particulièrement pour les brahmanes.

En 1930 eut lieu la seconde conférence à Erode, présidée par l’Honorable Monsieur M. R. Jayakar, et Monsieur R. K. Shammuga (qui devint plus tard Président de l’Assemblée centrale législative et Premier Ministre des Finances de l’Inde indépendante), était le responsable du comité de réception. Cette conférence renforça les résolutions prises lors de la première à Chengalpattu.

La troisième conférence fut tenue à Virudunagar en 1931 sous la présidence de Monsieur R. K. Shanmugam. Elle poursuivit le même renforcement des positions premières. »

 

(voir « Periyar : l’horizon de ses valeurs et de ses actions », publié par l’association Respect de Soi)

 

 

         La notion de respect a ainsi fait partie intégrante du combat de Periyar dès ses débuts. Il considérait en effet que l’égalité ne pouvait être envisagée qu’à partir du moment où chaque individu possède sa propre dignité humaine, fondée sur la raison et le savoir, forgeant ainsi le respect de lui-même et autorisant alors celui d’autrui. Periyar expliquait :

 

« Même si je devais vivre en un endroit où j’aurais à endurer des souffrances bien pires que celles d’une vie en enfer, je trouverais cette vie plus agréable que l’existence accablée par les castes, si seulement j’étais là-bas respecté en tant qu’homme. »

 

 

2) La lutte contre l’idéologie brahmanique

 

Periyar considérait que la racine des inégalités dans la société tamoule se trouvait dans la religion hindouiste et dans l’idéologie brahmanique qu’elle instaure. Les brahmanes forment un groupe social minoritaire qui s’est arrogé des droits et du pouvoir en se positionnant comme supérieur à tout autre groupe d’individus, créant par là-même un système de hiérarchies à échelons indiquant des degrés de supériorité et d’infériorité. Ce système attribue une place fixe à chacun en fonction de sa naissance, et le conduit à ne pas le remettre en question puisque toute personne trouvera toujours un groupe inférieur à lui, et se contentera ainsi de sa supériorité supposée. Seul le groupe des intouchables est d’emblée hors du système, écarté par la mise en œuvre de l’opposition complexe pureté/impureté.

 

Le brahmanisme prend son origine dans la civilisation aryenne du Nord de l’Inde. Le Sud du pays, de civilisation dravidienne, ne connaissait que des religions animistes. C’est par l’imposition de l’hindouisme dans toute l’Inde du Sud que le brahmanisme s’est répandu au sein des sociétés dravidiennes pour en devenir le système de fonctionnement.

 

Les brahmanes ont inventé les épopées, les récits sacrés et toutes les mythologies qui instaurent des distinctions artificielles parmi les êtres humains. Les textes considérés comme sacrés et fondateurs de l’hindouisme, tels que le Ramayana, le Mahabaratha, les Lois de Manu ou le Baghavad Gita, sont tous issus des peuples aryens du Nord de l’Inde. Ces ensembles de textes sont par la suite devenus les référentiels utilisés par les brahmanes pour expliquer les réalités sociales et légitimer les inégalités.

 

Le groupe des brahmanes s’est accordé l’accès à tous les privilèges (éducation, religion, profession, etc.) par l’exploitation des non brahmanes. La conservation de ces avantages implique une paralysie sociale empêchant la population de sortir de l’ignorance et de la dépendance envers le système des hiérarchies.

 

Par conséquent, toute entreprise de réforme sociale vient immédiatement se heurter à ce conservatisme des privilèges, et doit donc s’attaquer à cette racine des inégalités sociales. Le but de Periyar n’est pas de s’opposer aux brahmanes en tant qu’individus, mais de lutter contre l’idéologie brahmanique et la manipulation qu’exercent ces individus afin de se positionner comme supérieurs aux autres groupes sociaux et de s’arroger les droits de leur imposer des formes d’exploitation et de discrimination.

 

 

3) L’athéisme et la révolution sociale

 

Periyar est allé plus loin dans sa réflexion sur la religion et s’est positionné en athéiste. Sa maxime « Oubliez Dieu, pensez à l’homme » cherchait à interpeller la population sur l’irrationalité de la notion de Dieu. La religion maintient le peuple dans l’ignorance et masque la reproduction des inégalités sociales. Dans Dieu et l’Homme, Periyar écrit : « Dieu n’a pas été inventé pour le bien de l’humanité. Il s’agit seulement d’une machination visant à abêtir les gens » (voir « Dieu et l’Homme », publié l’association Respect de Soi).

 

Periyar cherchait à montrer l’absurdité des croyances religieuses et dénonçait inlassablement les superstitions aveugles et les pratiques qui leur sont liées. Il expliquait ainsi que les gestes du quotidien pouvaient se transformer en une infinité de gestes blasphématoires :

 

«  Même le fait d’offrir à manger à un pauvre est un acte d’athéisme puisque si Dieu réduit un homme à la famine à cause de son « Karma », le nourrir serait contre la volonté de Dieu »

 

« Si les vicissitudes de la société sont le fruit de Dieu, alors le nivellement de la société serait contre la volonté de Dieu. »

 

« Si le développement pileux de l’homme est considéré comme l’acte de Dieu, se raser serait contre la volonté de Dieu »

 

Periyar débutait nombre de ses discours par ces phrases : « Il n'y a pas de dieu, il n'y a pas de dieu, il n'y a pas du tout de dieu. Celui qui a inventé Dieu est un idiot. Celui qui propage l'idée de dieu est un voyou. Celui qui adore Dieu est un barbare. »

 

Il se référait notamment à la médecine pour illustrer ses paroles d’exemples concrets. Ainsi, selon lui, les médecins sont les plus grands athéistes. Lors d’une cérémonie publique organisée en son honneur par les élèves d’une école de médecine, Periyar s’exprime comme suit :

 

« Les gens montrent du doigt mon athéisme à cause de mon abnégation de Dieu. Ma propagande est seulement orale. Mais vous, les médecins, vous êtes  encore plus athées que je ne le suis moi-même. Comment ? En soignant les maladies des gens, alors qu’elles sont considérées comme la punition divine des péchés de la vie antérieure. En les soignant, vous êtes capables de prouver qu’il n’y a aucun Dieu. Si le choléra, provoqué  par  la déesse Kali, disparaît grâce à vos soins médicaux et vos vaccins, alors vous êtes les plus grands athées. »

 

Il questionnait aussi :

 

« Si l’âge moyen d’un homme est passé de 25 à 45 ans, n’est-ce pas grâce à vous, scientifiques, qui avez non seulement inventé des médicaments mais aussi des traitements ? ».

 

Periyar ne cherchait pas à imposer l’athéisme, et respectait les croyances des personnes qui lui faisaient face si ces croyances ne portaient pas atteinte à leur dignité humaine et ne les rendaient pas esclaves du pouvoir instauré par les brahmanes.

Mais Periyar montrait dans ses discours et les exemples qu’il donnait que ce principe d’athéisme était un pas gigantesque vers la révolution sociale et vers l’égalité entre tous les individus, anéantissant toutes les fictions sociales, parmi lesquelles la religion tient un rôle central.

 

 

PERIYAR

 

III- Ses combats : la révolution sociale

 

 Voici ci-dessous, sous forme de chronique, les actions menées par Periyar pour atteindre les objectifs fixés.

 

1917 : Periyar s’associe à la « Madras Presidency Association » en tant que vice-président. Il demande de mettre en œuvre le principe de quotas pour les non brahmanes et les communautés minoritaires.

1919 : il rejoint Gandhi au Congrès National Indien. Il boycotte les magasins vendant des vêtements importés et encourage l’utilisation des khadis (vêtements fabriqués à base de coton en Inde).

1922 : il établit une résolution au « Tamil Nadu Congress Committee » autorisant toutes les communautés, sans distinction aucune, à entrer et prier dans tous les temples. Cette proposition est rejetée par les brahmanes du T.N.C.C et Periyar menace de brûler tous les textes sacrés hindous pour symboliser sa révolte.

1924-1925 : il réussit à obtenir l’autorisation pour les intouchables d’utiliser les voies publiques.

1925 : suite à une divergence d’opinion avec Gandhi, Periyar cesse de soutenir le Parti du Congrès. Il crée le « Mouvement Respect de Soi ».

1928 : Grâce à Periyar, le gouvernement décide d’appliquer le principe de quotas sur les emplois administratifs dans l’Etat de Madras.

1929 : Periyar crée les « mariages Respect de Soi » afin de promouvoir les mariages inter-castes et inter-religieux. Pour la première fois, il est possible de se marier sans rituels religieux, en langue tamoule et sans intermédiaires religieux (c’est-à-dire sans brahmanes). Periyar encourage aussi les cérémonies humbles et économes.

1930 : En plus du social et de la culture, un domaine s’ajoute à sa lutte pour l’égalité : l’économie. Avec le leader communiste Singaravel, il appelle les ouvriers industriels et agricoles à résister à l’exploitation par les capitalistes et les propriétaires terriens.

Les gouvernements provinciaux et centraux interdisent le parti communiste et toutes les associations développant des programmes similaires. Periyar décide de prendre du recul dans ses actions afin d’être plus libre dans sa lutte pour l’émancipation socio-culturelle.

1937 : Aux élections de Madras, le Parti de la Justice perd face au Parti du Congrès. Rajaji, le leader de ce dernier, décide l’apprentissage obligatoire du Hindi dans les écoles. Periyar luttait pour la fraternité des langues, et avait fait construire des écoles pour l’apprentissage du Hindi. Mais il s’oppose en revanche à l’imposition de cet apprentissage. Les periyaristes protestent donc contre la décision de Rajaji et mènent une campagne d’opposition au cours de laquelle 2 personnes perdirent la vie. D’autres furent emprisonnées, dont Periyar pendant 6 mois.

C’est durant cette période que, lors d’une conférence à Madras, les femmes décident de le baptiser « Thanthai Periyar » (signifiant « le père et le grand homme »).

1938 : Bien qu’il soit emprisonné, il est élu président du Parti de la Justice. Une fois libéré, il persiste dans son opposition à l’apprentissage obligatoire du Hindi.

1939 : Il demande une Nation Dravidienne (Dravidastan) afin de constituer une coalition contre l’association des brahmanes dans la « North India Bania Community », qui souhaite imposer le projet de l’apprentissage du Hindi et exercer une exploitation économique sur les Indiens du sud.

Les Britanniques engagent l’Inde dans le conflit de la Seconde Guerre Mondiale sans consulter les grands partis politiques. Les ministres du Parti du Congrès démissionnent en signe de désaccord.

1940 et 1942 : Periyar, à la tête du Parti de la Justice est appelé à deux reprises par le gouverneur anglais à reformer le gouvernement. Rajaji lui promet d’apporter un soutien à son parti. Mais Periyar rejette ces appels, considérant que l’accès au pouvoir entraîne la corruption et l’éloignement des principes de base pour les intérêts personnels de quelques individus, au détriment de la base de la pyramide sociale.

1940 : Le gouvernement provincial de Madras supprime l’enseignement obligatoire du Hindi dans les écoles.

Annadurai (Arignar Anna) devient le secrétaire adjoint du Parti de la Justice: par ses essais et ses romans, il saura véhiculer et répandre les idées de Thanthai Periyar au sein du peuple tamoul et surtout dans l’esprit des jeunes.

1941 : M.N. Roy, leader du parti radical démocratique, rend visite à Thanthai Periyar. Ils discutent d’une alliance nationale contre le Parti du Congrès. Tous deux soutiennent la Grande-Bretagne dans sa lutte contre l’impérialisme, le fascisme et le militarisme.

Dans les restaurants des gares, les brahmanes, qui avaient le droit d’être servis davantage et séparément, seront désormais traités comme tout le monde.

1944 : Le    Parti de la Justice devient le « Dravidar Khazagam » (DK), un mouvement apolitique : les membres de l’ancien parti politique sont invités à démissionner de leurs postes et à supprimer les suffixes de leur nom indiquant leur caste.

1948 : Periyar entreprend une campagne de protestation lorsque le Hindi est réintroduit dans les écoles. Le projet est retiré.

Agé de 70 ans, Periyar doute de certains membres du Mouvement et s’inquiète de la manière dont sera gérée après sa mort la fortune qu’il a accumulée afin de permettre le fonctionnement du groupe. Dans le but de protéger son héritage en évitant qu’il ne tombe entre de mauvaises mains, il choisit de le confier à Maniammai, une femme de 30 ans membre du Mouvement, qu’il considère comme sa fille. La loi n’autorisant pas cette transmission d’héritage, Periyar doit épouser Maniammai. Il déclare clairement que ce mariage n’a pour objectif que la protection de sa fortune, et que Maniammai est par ailleurs libre de sa vie et de ses choix conjugaux.

Parmi les partisans du D.K, certains souhaitaient entrer dans la vie politique et assurer la gestion du gouvernement. Ils créer alors un autre parti politique, le Dravidar Munnetra Khazagam, qui va utiliser le mariage de Periyar comme prétexte. A sa tête, Annadurai accuse Periyar de donner le mauvais exemple en épousant une femme beaucoup trop jeune pour son âge. Cette scission marque un premier affaiblissement du D. K. et du mouvement periyariste.

1950 : Les brahmanes entament un procès à la Cour de Madras pour rejeter le principe des quotas (pour les communautés défavorisées) dans les institutions éducatives, et le système est donc abandonné. Periyar participe à des conférences et à des réunions pour contester cette décision.

1951 : Les periyaristes finissent par mener une agitation d’une telle ampleur qu’une clause est ajoutée dans la constitution : elle déclare qu’aucune loi ne peut empêcher l’Etat d’établir des dispositions visant à faire évoluer les communautés les plus désavantagées.

1953 : Rajaji, Premier Ministre de Madras, établit un programme qui sera d’abord appliqué dans les villages : les enfants qui ont obtenu le droit à l’éducation depuis peu consacreront les après-midi à apprendre le métier de leurs parents au lieu d’aller en cours. Ce programme consiste donc en une éducation brahmanique imposée par le gouvernement lui-même. Les leaders du mouvement dravidien s’opposent farouchement à ce programme, qui empêche les gens de castes « inférieures » d’évoluer en les rattachant d’emblée au métier de leurs parents et donc à leur caste d’origine. Une situation de crise éclate et paralyse la région entière.

1954 : Rajaji démissionne et Kamaraj prend sa place. Celui-ci promet de faire appliquer les quotas communaux dans l’éducation et l’administration, action qui sera favorable aux plus défavorisés.

1956 : Les Etats de l’Inde sont réorganisés selon leurs critères linguistiques, et Periyar doit abandonner l’idée d’un « Dravidastan » pour se centrer sur celle d’un « Tamil Nadu ».

1957 : Les brahmanes accrochent des enseignes « Brahmins hotel » au-dessus des restaurants végétariens. Le Dravidar Khazagam manifeste pour s’opposer à tout signe d’appartenance brahmanique. Ses membres organisent aussi une campagne de protestation au cours de laquelle ils brûlent la Constitution, qui encourage le maintien de ces inégalités et qui protège le système de castes. Ces inégalités sont en effet justifiées et légitimées par les brahmanes qui invoquent la loi sur les « us et coutumes », la coutume voulant que ce soient eux les prêtres. Cette action du D.K. conduit à l’arrestation de plusieurs membres. Accusé à tort d’avoir demandé à ses partisans d’utiliser la violence contre les brahmanes, Thanthai Periyar est arrêté et emprisonné durant 6 mois.

1960 : Periyar appelle ses partisans à brûler la carte géographique de l’Inde pour protester contre le gouvernement central qui encourage le système des castes à travers l’Union indienne.

1962 : K.Veeramani démissionne de son emploi d’avocat pour se consacrer entièrement aux activités du Dravidar Khazagam. Le mouvement apporte son soutien au Parti du Congrès lors des élections.

1963 : En dépit des conseils de Periyar, Kamaraj démissionne de son poste de Premier Ministre pour se consacrer à temps complet au Parti. Baktavatsalam prend sa place.

Le Parlement vote une loi qui interdit toute propagande réclamant la séparation au sein de l’Union indienne. Thanthai Periyar s’oppose à cette décision : il souhaite séparer le Tamil Nadu du reste du pays. Le DMK quant à lui se range du côté de cette loi.

1964 : Le Dravidar Khazagam organise des réunions au cours desquelles les membres condamnent la Cour Suprême concernant la loi sur la limitation des propriétés.

1965 : Une campagne menée par le DMK contre l’imposition du Hindi cause plusieurs morts. Periyar critique ses partisans et leur reproche de ne pas avoir su organiser et gérer cette dernière.

1966 : Une tentative de meurtre contre Kamaraj est menée par des adeptes hindous qui prétextent la protection des vaches. Ils incendient sa maison à Delhi et Kamaraj échappe de peu à cette agression.

1967 : Le Dravidar Khazagam apporte son soutien au Parti du Congrès contre le Dravidar Munnetra Khazagam. Cependant, ce dernier remporte les élections. Ils renomment l’Etat de Madras le « Tamil Nadu » et légalisent les « mariages Respect de soi ».

1969 : Les periyaristes prévoient une campagne d’agitation pour protester contre l’accès exclusif des brahmanes aux temples, à l’intérieur des autels, ainsi qu’au rôle de prêtres (Archakas).

1970 : l’UNESCO décerne un prix à Thanthai Periyar .

1971 : Le Dravidar Munnetra Khazagam promulgue une loi visant à offrir des chances égales sur le marché du travail à tous les diplômés, indépendamment de leur caste.

Un défilé pour mettre fin aux superstitions a lieu à Salem. Les partisans défilent avec de grands portraits de divinités décrivant les absurdités des pratiques et idéologies liées aux superstitions. Trois orthodoxes intolérants lancent leurs chaussures dans la foule, ce qui provoque l’agacement des periyaristes qui à leur tour utilisent la même méthode sur un portrait de Rama. Les médias déforment cet événement et des rumeurs sont diffusées à travers toute l’Inde, puis réutilisées contre l’alliance Congrès-DMK lors des élections générales de 1973.

1973 : L’alliance Congrès-DMK gagne les élections. Une conférence pour l’éradication de l’indignité sociale des Tamouls est organisée à Chennai. Ils décident de se battre pour que tout le monde sans exception ait le droit d’entrer dans les sanctuaires.

Le 24 décembre 1973, Thanthai Periyar quitte ce monde, laissant derrière lui plus de 60 années de combats pour obtenir l’égalité de tous.

1974 : Maniammai est élue présidente du Dravidar Khazagam et prend le relais de son défunt époux.

 

 

 

IV- Quelques paroles révolutionnaires

 

Sur la bonne conduite :

« Vivre avec justesse, c’est ne causer aucune souffrance à quiconque. »

« La dévotion est pour l’individu, la bonne conduite est pour tous. Rien ne manque s’il n’y a pas de dévotion. Mais tout est perdu s’il n’y a pas de bonne conduite. »

« La bonne conduite est plus indispensable à la vie sociale que ne l’est la dévotion à la religion. Agir comme on parle et parler comme on agit, voilà le critère de la bonne conduite. »

« Nous devons nous comporter avec autrui comme nous attendons de lui qu’il se comporte avec nous. Agir ainsi avec tous constitue la bonne conduite. »

« Il faut vivre non pas en pensant uniquement à soi-même mais en pensant au bien des autres. »

« Celui qui acquiert durant son jeune âge la pratique, le savoir et la bonne conduite, deviendra au cours de sa vie un grand homme. »

« Pour qu’un pays vive dans la prospérité, son peuple doit posséder de bonnes règles de conduite. »

 

Sur le rationalisme et l’éducation :

« La dignité et la connaissance forgent la grandeur de l’homme. »

« Le rationalisme est le pouls vital de l’homme. »

« Le devoir et la responsabilité d’un rationaliste est d’agir de manière prompte et réfléchie, dans l’affection fraternelle, sans prendre en considération le pays, la langue, les dieux, la religion et la caste. »

« Les superstitions et les coutumes aveugles sont le tout premier ennemi de la société. »

« Ne compromettez pas votre intelligence en croyant au destin. »

« L’éducation, le respect de soi et les qualités rationnelles permettront aux êtres infériorisés de s’élever. »

« Ma vie est au service de l’élévation des qualités humaines. »

« Vous ne devez en aucun cas m’attribuer des traits au-delà des caractéristiques humaines. Si je devais être considéré comme divin, les gens ne s’interrogeraient pas sur mes paroles. »

« Décidez par vous-mêmes de ce que vous devriez penser à propos des personnes qui disent que Dieu existe, qu’il est le gardien de la justice et le protecteur de tous. Décidez-en même après avoir observé que la pratique de l’intouchabilité (désignant le fait qu’un homme interdise à un autre homme de regarder ou de toucher, de marcher dans la rue, d’entrer dans les temples et de puiser de l’eau dans un puits) a envahi un territoire, et que celui-ci n’a pas encore été détruit par un tremblement de terre, brûlé par la lave ardente d’un volcan, englouti dans un déluge par l’océan, plongé dans l’abîme de la terre ou dévasté par un immense orage. »

 

 

V- Sa personnalité

 

Pour comprendre et approfondir le parcours de vie de Periyar et son impact social et historique, il est nécessaire de percevoir la force de sa personnalité.

 

T.K. Chidambaranadhan, un érudit tamoul, attribue trois qualités essentielles pour reconnaître un véritable « Grand homme » :

 

1)            Les gens  ont une fausse opinion de lui

 

2)            Ses doctrines sont condamnées partout

 

3)            Il est violemment calomnié et maudit par les autres

 

Periyar fait ainsi partie des êtres rares qui ont marqué une époque, une histoire, une révolution sociale et intellectuelle. C’était un homme qui dérangeait l’ordre établi et qui remettait perpétuellement en cause les évidences. Il était rejeté par les intellectuels, aristocrates et dignitaires de son époque, et a donc forgé son combat en comptant uniquement sur le peuple. Ce positionnement éclaire l’attitude primordiale de Periyar, que l’on pourrait qualifier d’ « unité intègre » : celle du discours et des actes. Le cœur de sa pensée résidait en ce principe : ne rien prôner que l’on ne mette d’abord en pratique. C’est bien cette intégrité qui l’a d’emblée écarté du cercle des intellectuels et élites de son époque. Periyar expliquait :

 

« Je n’ai aucune obligation de soutenir quiconque de manière permanente pour réaliser des fins égoïstes. Je ne vois absolument aucun mal à soutenir une personne qui nous apporte du bien, qui lutte pour la destitution de notre déchéance sociale, même s’il s’agit d’un étranger. »

 

Periyar se décrivait lui-même comme un homme indépendant qui avait des pensées libres. Il possédait une expérience et des sentiments qui lui étaient propres. L’autonomie, l’indépendance et la liberté faisaient partie intégrante de sa personnalité.

Son intégrité consistait aussi à présenter ses idées de manière à ce qu’elles soient accessibles à la compréhension de tous, et qu’elles développent chez la population un esprit critique et indépendant entièrement basé sur la raison. Ainsi, il laissait une totale liberté à ses auditeurs et expliquait sans cesse qu’il n’était d’aucune utilité d’adhérer passivement à ses idées. Le plus important était d’y réfléchir par soi-même puis de les mettre en pratique si telle était le résultat de cette réflexion critique.

 

 

Tous ces éléments permettent de mieux comprendre son désengagement politique. Selon lui, se présenter à une élection et obtenir un siège, et donc une position de pouvoir, ne pouvait pas servir le combat social : la personne perdrait immédiatement de vue ce combat puisqu’elle ne penserait plus qu’à préserver sa position politique. Il disait ainsi :

 

 « Je n’ai pas d’héritiers politiques. Mes principes et mes idées sont mes héritiers. Les héritiers doivent évoluer par eux-mêmes. »

 

« En ce qui me concerne, je ne suis jamais un homme de parti. J’ai toujours été un homme de principes. »

 

Un bref coup d’œil sur l’histoire de l’humanité montre suffisamment à quel point les libres penseurs sont toujours rejetés par leurs contemporains. Periyar a eu la lucidité emplie d’humour de prononcer un jour cette phrase :

 

« Le jour où l’on me qualifiera d’arriéré, j’aurai gagné : le monde aura avancé d’un pas ».

 

Friedrich Nietzsche s’interrogeait sur le génie et écrivait: « Qu’est-ce que le génie ? Avoir un but élevé et vouloir les moyens d’y parvenir. » Nous pouvons décrire le parcours de Periyar à partir de cette citation. Ses buts étaient l’égalité, le respect réciproque et l’humanisme. Il a recherché au cours de son existence les moyens pour parvenir à s’approcher de ces valeurs primordiales dans le contexte socio-historique de sa vie (l’Inde du Sud, le système des castes, etc.), mais aussi avec un impact bien plus large qui peut toucher tous les aspects de l’humanité aux quatre coins de la planète.

 

         Periyar disait avoir mis sa vie au service de la société. Nous pouvons reprendre ici quelques chiffres qui permettent d’illustrer l’ampleur de ses combats et de ses actions.

 

v Periyar a vécu 94 ans, 3 mois et 7 jours, c’est-à-dire 34 433 jours.

 

v Il a voyagé environ 8200 jours(soit 22 ans et demi) alors que les moyens de transport n’étaient pas aussi simples qu’aujourd’hui.

 

v On estime que l’ensemble de ses voyages s’étendrait sur une distance de  1 310 200 kilomètres (soit près de 3,5 fois la distance de la terre à la Lune), et qu’il aurait participé à 10 700 émissions de radio.

 

v Si l’on enregistrait et diffusait tous ses discours, il s’écoulerait environ 21 400 heures c’est-à-dire à 2 ans, 5 mois et 11 jours.

 

L’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture) a rendu hommage à la grandeur de Thanthai Periyar lors du forum de Chennai le 27 juin 1970 :

 

         «  Periyar est le Prophète d’un âge nouveau ;

            Le Socrate de l’Asie du Sud Est ;

            Le père de la réforme sociale ;

           Un grand ennemi de l’Ignorance, des superstitions,

            des coutumes dénuées de sens et des mœurs sans fondement. »

 

Le gouvernement indien quant à lui décernait des assiettes en bronze à tous les combattants pour la liberté. Le 3 octobre 1972, Indira Gandhi, Premier ministre de l’Inde, honora Periyar avec cette récompense. Le Premier ministre du Tamil Nadu a rencontré Periyar à Chennai au nom du Premier ministre de l’Inde de l’époque, Dr.M.Karunanidhi. Il lui remit la récompense avec les honneurs qui lui étaient dûs.

 

Periyar considérait que toute vie humaine devait s’orienter vers l’objectif de servir la société pour améliorer le bien-être de l’humanité :

 

« Aucun homme ne peut naître par lui-même.

Par conséquent, il n’est pas uniquement né pour lui-même.

La vie humaine consiste à servir la société.

Une vie humaine sans service équivaut à une vie animale. »

 

 
VI- Postérité de ses combats

 

Les droits des femmes :

 

v Grâce au formidable combat de Periyar, les femmes ont gagné une place importante dans la société.

 

v Elles ont maintenant le droit à l’éducation au même titre que les hommes, elles ont gagné l’égalité des chances dans le domaine de l’emploi et ont même des droits de propriété, ce qui était inconcevable par le passé.

 

v Les femmes sont entrées dans la vie active ainsi que dans la vie publique puisqu’elles ont des sièges dans l’administration locale.

 

v En 1996, lors des élections pour l’administration locale et les sociétés coopératives, près de 50 000 femmes ont été élues membres des conseils municipaux, les principaux  panchâyats (gouvernements locaux), les panchâyats de village et les sociétés coopératives.

 

v Quelques-unes d’entre elles ont même présidé et dirigé dans divers locaux.

 

Ces accomplissements sont fondamentaux puisque le Tamil Nadu est le seul Etat de l’Inde qui est parvenu à améliorer autant la place des femmes dans la société.

 

 

Aujourd’hui, grâce à Periyar et au Mouvement Dravidien :

 

Les mariages entre personnes de castes différentes sont possibles

Les mariages non religieux sont légaux (mariages « Respect de Soi »)

Le remariage des veuves est possible

Les Devadasis (littéralement « servantes de la divinité », femmes consacrées dans les temples dès le plus jeunes âges et considérées comme épouses de la divinité) n’existent plus légalement

Le mariage des enfants est interdit

La caste n’est plus un critère de sélection dans le domaine professionnel

Les sépultures des brahmanes et des non-brahmanes ne sont plus séparées

Tous ont le droit d’utiliser les voies publiques

Tous ont le droit d’entrer et de prier dans les temples

Tous les enfants doivent avoir un accès égal à l’éducation

Les femmes ont gagné une place importance dans la société : droit à la propriété, accès aux emplois, accès aux études …

 

Les combats de Periyar passaient essentiellement par des discours et l’organisation de campagnes d’agitation. Il s’agissait d’un combat « dans la rue ». Conscients néanmoins du rôle crucial des médias, Periyar diffusait des journaux, et de nombreuses publications en anglais : Revolt, Kudi Arasu (République) ou Viduthalai (Libération). Ces journaux étaient largement lus dans « les salons de coiffures » populaires, dans les stands de thé, dans les buanderies, dans les boutiques de vélos, etc., dans tous des lieux où la foule affluait.

 

L’ensemble des luttes initiées par Periyar a permis de remettre en cause la suprématie des brahmanes, institution sociale et religieuse vieille de plus de 2000 ans. Periyar a permis un changement social spectaculaire à son époque, et demeurera un homme important pour l’histoire du Tamil Nadu et de son peuple.

 

PERIYAR

 

BIBLIOGRAPHIE :

 

 

V. Anaimuthu, Les Pensées de Periyar E.V.Ramasamy, 1974 et 2009

 

V. Geetha et S.V. Rajadurai, Revolt, A radical weekly from Colonial Madras, Periyar Dravidar Kazhagam

 

V. Geetha et S.V. Rajadurai, Towards a Non-Brahmin Millenium, From Iyothee Thass to Periyar, Samya, 1998 et 2008

 

Periyar E. V. Ramasamy, Vazhgai Kourippukal, Periyar Suyamariyathai Piratchara Nirouvanam, 2005